LANGAGE

Chaque son produit

par le bébé n'est pas "comme" s'il parlait :

Il parle réellement.

Chaque son produit est langage.

Il est vital pour votre bébé de savoir que vous savez qu'il parle.

 

                       Glenn Doman

 

Aider à la bonne mise en place du langage est un des points les plus importants dans l'éducation d'un enfant, particulièrement s'il est touché par une maladie ou une lésion. L'enjeu est important. Une stimulation adaptée permettra d'améliorer nettement les capacités de l'enfant à s'exprimer normalement.

 

Les chapitres 1, 2 et 3 de cette page sont traduits du livre "How smart is your baby" de Glenn Doman. J'aime beaucoup ces chapitres, on y devine tout l'esprit de Doman, à la fois drôle mais tellement juste et efficace. Comment vous partager à quel point les lignes qui suivent ont sauvées ma relation avec Marie,  nous ont donné tellement de joie et de bonheur. Ce qui suit est non seulement vrai mais facile à mettre en place !

 

Voici des idées pour aménager l'environnement linguistique idéal de votre bébé dès ses premiers jours après la naissance jusqu' à ce qu'il commence à parler.

Programme de développement du langage :

Objectif :          Pour que le bébé utilise deux mots ou plus de langage spontanément

                          et de manière significative.

But :                 Offrir au bébé d'abondantes occasions de parler avec sa mère et être compris.

Partie 1 - L'écoute :

Alors que certains adultes parlent aux très jeunes bébés, très peu d'adultes écoutent les nouveaux-nés. On part généralement du principe que les bébés n'ont rien à dire et qu'il faudra des mois, sinon des années, avant qu'ils n'aient quelque chose à dire.

C'est tout simplement faux.

Heureusement, les mères parlent à leur bébé et les bébés font de leur mieux pour leur parler en retour. Dès la naissance, le plus grand besoin du bébé est de communiquer. Cela fait partie de l'être humain. Le premier besoin du bébé est d'exprimer qu'il est vivant. Peu de temps après, il a besoin d'exprimer qu'il a faim. Au fur et à mesure que sa conscience grandit, ce qui se fait très rapidement, il peut avoir besoin d'exprimer qu'il est inquiet, heureux, agacé, mal à l'aise, content ou fatigué.

L'un des besoins les plus important du bébé, qu'il voudra souvent exprimer, est d'être en contact étroit avec sa mère ou son père et d'être assuré qu'ils sont là quand il en a besoin.

Le bébé est, après tout, piégé dans un petit corps potelé qui ne lui permet pas d'assumer ses propres besoins. Il doit exprimer ces besoins ou s'en passer. Comme toutes les mères le savent, les bébés ne sont pas réputés pour se priver d'exprimer leurs besoins. Ils veulent ce qu'ils veulent quand ils le veulent.

L'idée que le petit bébé n' a rien à dire est absurde. Il est désespéré de parler à sa mère et il utilisera tous les moyens disponibles pour le faire dès sa naissance jusqu'au jour où, tant la mère que le père comprendront parfaitement ses moindres désirs.

La chose la plus importante que la mère devrait savoir sur le langage de son bébé est ceci :

Tous les sons sont du langage.


Chaque son que fait un bébé est un langage. Les sons que fait un bébé ne sont pas comme le langage, ils sont le langage. Ces sons ne sont pas comme du français, ils sont le français. Ils sont simplement une très mauvaise qualité de français (ou d'espagnol ou de japonais ou de n'importe quelle langue parlée dans votre famille) mais ils sont cette langue.


Du point de vue du bébé, son premier problème est fondamental : Quelqu'un m'écoute-t-il ?


Le bébé envoie des messages pour trouver la réponse à sa question "Y a-t-il quelqu'un à la maison?" Si, comme c'est souvent le cas, les adultes n'écoutent pas (parce que nous avons été élevés pour croire que les bébés ne parlent pas), nous ne comprenons pas le message. Bébé est laissé sans réponse. Comme il est très déterminé, il arrête les actions qui ne fonctionnent pas et continue de chercher des moyens de communiquer. S'il peut seulement attirer notre attention, il finira par réussir.
Quand cela se produira, la mère sera étonnée. Personne ne l'a préparée au fait que son bébé de deux mois essaie de lui parler. Dans son excitation et son enthousiasme, elle ira chez son pédiatre, ou chez le voisin d'à côté, et annoncera fièrement : "Mon bébé d'un mois essaie de parler" !
On lui dira alors d'un ton condescendant que les sons que fait son bébé sont le résultat d'un gaz.
Du gaz ?
C'est de là que naît la conspiration du silence. La mère apprend à ne pas dire que son très jeune bébé essaie de parler parce que les gens pensent simplement qu'elle est folle. C'est ainsi que cette partie inestimable de la connaissance du développement reste inconnue. Chaque nouvelle mère doit le découvrir et le déterrer comme trésor enfoui sous terre. La mère apprend alors à cacher de nouveau ce trésor exactement là où elle l'a trouvé.
Malheureusement, certaines mamans ne trouvent jamais ce joyau et leurs petits bébés passent les 12 premiers mois de leur vie à essayer, en vain, de leur parler. Ces bébés sont condamnés à se faire parler sans avoir la possibilité de s'exprimer jusqu'à ce qu'ils puissent faire ces sons que nous reconnaissons comme des "mots".


C'est une longue attente.


Chaque son produit est langage.


Quand la mère sait et comprend ce fait, elle a la première et la meilleure information dont elle a besoin. Elle commencera alors à écouter son bébé et à apprendre ce qu'il a à dire. Les très jeunes bébés sont des génies de la cause et de l'effet. Ils repoussent constamment les limites pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Il n'y a pas de domaine où cela se fait avec plus de précision et de détermination que dans la création du langage.


Prenons le cas du petit Derek. Quand Derek avait cinq semaines, sa mère lui demanda :

"Derek, as tu faim ?" Après une brève pause, il sortit sa langue et fit un faible mais audible bruit de succion. Il ressemblait et imitait exactement un homme mourant de soif dans un désert.
On peut se demander comment un enfant de cinq semaines sait à quoi ressemble un homme mourant de soif ...
La réponse est, bien sûr, qu'il ne sait pas. Mais il a faim, et comme il a un système respiratoire très immature, il ne peut pas faire un son spécifique pour nous dire ce dont il a besoin et ce qu'il veut. Alors il fait ce qu'il y a de mieux : il mime !
Sa réponse est tout à fait cohérente.

 

Par contre, si vous attendez que la mère de Derek ai fini de l'allaiter et qu'ensuite vous demandez au bébé : "Derek, as tu faim ?" il aura simplement l'air content et heureux.


Ça nous rend dingue. Les adultes veulent toujours une réponse. Mais les bébés sont très pragmatiques. Lorsqu'ils sont dans le besoin, ils répondront par un son ou un signe. Si leurs besoins ont été satisfaits, ils l'expliqueront simplement en ayant l'air content.
Cette apparente évidence de satisfaction est une réponse. C'est un "Non, merci. Je vais bien en ce moment."


Les adultes veulent souvent une réponse claire "oui" et une réponse claire "non". L'apparence de satisfaction, qui est la réponse "non", n'est pas assez forte pour nous. Parfois, quand les adultes le comprennent, ils sont portés à croire que la réponse "oui" claire qu'ils ont eue n'était pas réelle mais imaginée, et ils accordent moins d'attention à ce que le bébé essaie de communiquer.
Lorsque Derek avait atteint l'âge de quelques mois, il indiquait qu'il devait téter en disant "Chi-chis, chi-chis, chi-chis," et la mère l'allaitait, bien sûr. Il pouvait maintenant faire un son spécifique parce que sa respiration avait mûri. Cependant, le message était identique à celui qu'il envoyait depuis l'âge de cinq semaines.
Il se trouve que Derek était un jeune garçon qui aimait beaucoup téter, et un jour, à l'âge de trois ans, il entra dans la cuisine où sa mère préparait le dîner et il commença à chanter : "Je veux téter, Je veux téter !".
La mère lui répondit que tout le monde avait faim et qu'une fois le dîner préparé et mangé, s'il voulait téter, elle l'allaiterait mais jusque-là, il devrait attendre. Il a alors commencé à chanter, "Chi-chis, chi-chis, chi-chis."
La mère s'est montrée sourde à la demande. Sa sœur de huit ans a tiré sur le bras de sa mère et a montré du doigt le petit Derek qui était maintenant assis au milieu du plancher de la cuisine, la bouche ouverte, la langue pendante, faisant des bruits de succion. Sa sœur a rappelé à sa mère qu'il avait fait ça quand il venait de naître. La mère riait et disait : "Oui. Il revient à ce qui a toujours fonctionné." 

C'est exactement vrai : il recommence ce qui a toujours fonctionné.

 

Si la mère écoute et observe son bébé, elle reçoit le message et répond d'une manière ou d'une autre. Le bébé est ravi. Ça a marché. Il pense : "Il y a une vie intelligente sur terre après tout." Il utilisera ensuite cette même méthode de communication parce que cela a fonctionné.


Ainsi, le premier ingrédient clé du programme pour aider bébé à communiquer est que vous devez être à son écoute.

 

Soyez sur le qui vive pour entendre ce que le bébé essaie de dire. Commencez ce processus à la naissance. Chaque jour, les sons qu'il fait changent. Lorsque le bébé sait que vous l'écoutez, il fera de son mieux pour communiquer le plus souvent possible. Plus il en fait, plus il devient adroit. Plus sa respiration s'améliore en rampant et en construisant une poitrine plus large, plus il est facile pour lui de faire des sons.

 
 

Partie 2 - Avoir une conversation :


Fréquence :             10 fois par jour
Intensité :                Voix forte et claire.
Durée :                     Environ 60 secondes.
Contenu :                1 question et un temps pour la réponse du bébé.
Environnement :   Calme, sans distractions.


Technique : Une fois que la mère comprend que tous les sons sont langage, elle a plusieurs façons d'aider son bébé à utiliser ses sons pour communiquer. Il y a plusieurs choses qu'elle demande encore et toujours à son bébé tout au long de la journée. "Comment va-tu ?"  "As-tu faim?" 

"As-tu sommeil?"  "Es-tu mouillé?"

Il y a d'autres choses qu'elle dit et répète au bébé : "Je t'aime", "Ce sont tes orteils", "C'est ton nez". Il y a des instructions simples qu'elle donne au bébé : "Ouvre la bouche", "Regarde papa", "Pousse avec les pieds". Il y a certaines salutations que le bébé entend encore et encore.
"Bonjour", "Bonjour", "Salut", "Au revoir".
Puisque ce sont les choses que le bébé entend fréquemment, ce sont les premières choses qu'il commence à décoder et à comprendre. Mais avant même qu'il ne comprenne parfaitement ces messages, il essaie de répondre.


Il y a plusieurs années, une mère nous a téléphoné et avant que nous puissions savoir qui elle était et ce qu'elle voulait, elle a cliqué sur un magnétophone. On pouvait entendre la voix d'un tout petit bébé, d'abord quelques sons et ensuite, "Salut", "Comment vas-tu ? et "Je t'aime".
Le magnétophone s'est arrêté, la mère était de nouveau en ligne. Elle m'a demandé :

"Vous l'avez  entendu ?"
Nous lui avons dit les trois choses que nous avions entendues. Elle a poussé un énorme soupir de soulagement et a dit : "C'est mon bébé et il a 11 semaines !". Et après l'avoir dit, elle a raccroché.
Une autre victime de la conspiration du silence, sans doute.


De quoi s'agissait-il ?
Combien de fois pensez-vous qu'un petit bébé entend, "Salut", "Comment vas-tu ?" et "Je t'aime" dans les premières semaines de la vie ? Probablement un millier de fois. Est-il vraiment surprenant qu'il veuille essayer d'envoyer le message ? Nous n'avons pas besoin de débattre s'il comprend pleinement la signification du mot "amour". Ce n'est pas le sujet. Il entend le langage et il souhaite utiliser le langage qu'il entend. C'est peut-être la musique de la langue qui l'intéresse au début, mais il apprendra très vite que les mots et la musique exercent ensemble un puissant effet sur la mère et le père.

 


À ce stade précoce, vous devez faire preuve de cohérence dans la façon dont vous parlez à votre bébé :

 

Lorsque bébé entend ces salutations souvent répétées, questions, déclarations et instructions simples de la même manière à chaque fois, il peut les reconnaître. Ça l'aide à apprendre les règles de la conversation, dont la première est d'écouter ce que l'autre dit. Éliminer le bruit et le chaos dans la maison. Éteignez la radio, le CD et la télévision pour que le bébé puisse vous entendre. Parlez d'une voix forte et claire, et assurez-vous que vous êtes nez à nez avec le bébé pour qu'il puisse vous écouter avec beaucoup d'attention.
Maintenant, ajoutez un deuxième ingrédient magique. Quand vous aurez fini de demander,"Comment vas-tu ?" arrêtez-vous, regardez le bébé avec enthousiasme et attendez. Attendez 10 secondes, 20 secondes, 30 secondes, peut-être plus longtemps. Plus le bébé est jeune, plus vous devez être patient.
Au début, vous n'aurez peut-être pas de réponse, mais comme le bébé se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une conversation unilatérale, mais plutôt d'une vraie conversation - et qu'il a l'occasion de participer - Il le fera.
Par exemple, dites au bébé, "Comment vas-tu ?" puis souriez et attendez et le bébé commencera à bouger les bras. Il s'agit de pomper l'air et d'augmenter sa respiration pour qu'il puisse faire un son. Ensuite, son corps peut se tortiller un peu et il peut dire "Ah" ou n'importe quel autre son.
Il a peu de contrôle sur le son réel. Il essaie simplement de s'emparer d'une bonne expiration et d'y ajouter du son.
Quand il fait ce son, quel qu'il soit, ajoutez encore de la magie. Dites : "Vraiment ? Je suis content de l'entendre !" En d'autres termes, répondez à ce qu'il vient de dire.   
On peut se demander s'il s'agit d'une réponse appropriée puisque vous lui répondez sans savoir ce que "Ah" veut dire.   
Au début, nous ne savons pas exactement ce que le bébé veut dire. Tout comme il écoute notre son significatif pour entendre si nous sommes heureux ou tristes, nous devons écouter son son significatif. Vous deviendrez très bon pour savoir si c'était un "Ah" heureux ou un "Ah" irrité et vous répondrez de manière appropriée. Même si vous vous trompez, vous avez raison aux yeux du bébé parce que
vous l'écoutez et lui répondez, et c'est ce qu'il veut.
Maintenant, pour la première fois, il peut avoir une vraie conversation. Vous dites quelque chose et il écoute attentivement. Puis vous êtes silencieux et écoutez attentivement et il dit quelque chose. Ensuite, vous répondez et la conversation est terminée.
C'est une vraie conversation.
Le bébé n'a pas encore deux mois et il est peut-être à dix mois de dire le premier son que le monde entier considère comme un "mot".
Quel soulagement de ne pas avoir à attendre aussi longtemps pour avoir une conversation avec maman alors que vous êtes aussi intelligent et enthousiaste que ce petit gars !
Maintenant, vous allez vous organiser pour avoir de nombreuses petites conversations tout au long de la journée. Faites un petit rituel de chacun d'entre eux. Construisez-le de la même manière, asseyez-vous sur le même fauteuil confortable, et préparez l'enfant à chaque fois en lui disant "Veux-tu parler avec maman maintenant ?"
Comme il comprend que c'est le signal pour commencer ces discussions très aimées, il va se trémousser et donner des coups de pied et montrer à quel point il est heureux.

Objectif :                 Occasion pour le bébé d'avoir une conversation avec la mère
Fréquence :             Au moins 10 fois par jour.
Intensité :               Une voix forte et claire
Durée :                    1 à 2 minutes
Contenu :               1 question qui ne nécessite qu'une réponse d'un seul mot.
Environnement :  Une pièce calme avec un minimum de distractions.

                                Asseyez-vous avec le bébé sur vos genoux, face à vous.


Technique : Demandez par exemple : "As-tu faim ?" Surveillez votre bébé attentivement et écoutez attentivement. Attendez que votre bébé réponde. Soyez patient, cela peut prendre de 30 à 60 secondes pour que votre bébé vous réponde. Soyez silencieux une fois que vous avez posé la question. Ne répétez pas la question. Il serait alors plus difficile pour votre bébé de répondre. Quand le bébé répond par un son, répondez-lui.
 

 

Partie 3 - Création de sons spécifiques :


Une fois que la mère a commencé ces conversations tout au long de la journée, elle peut ajouter une deuxième étape. Maintenant, elle crée une petite rime simple pour son bébé. Elle choisit un bon moment et, avec beaucoup d'enthousiasme, elle lui récite son petit poème. Comme avant, il est assis sur ses genoux, face à elle.


La première rime de Marlowe était :
Quand je rentre
Je dis : "Salut."
Quand je sors
Je dis : "Salut."

voici ce que ça donne dans la version originale:

When I come home

I say, "Hi."

When I go out

I say, "Bye."

L'anglais se prête peut-être mieux que le français à ces exercices car il faut trouver des mots d'une seule syllabe, ce que nous n'avons pas beaucoup. Il faut donc adapter en  prenant la dernière syllabe d'un mot plus long, ou bien utiliser des comptines très simples, simplement 2 ou 4 vers pour commencer :

Bateau

sur l'eau

ou bien:

Dodo

L'enfant-do

pas besoin de faire long et compliqué ! Revenons à celui-ci :

Quand je rentre

Je dis : "Salut."

Quand je sors

Je dis : "Salut."


C'était un poème très difficile à écrire pour la mère, comme nous pouvons le voir ! La mère répète cette rime tout au long de la journée. Après plusieurs jours, elle commence à donner au bébé un rôle dans le poème, mais elle le fait d'une manière très prévisible. Elle récite le poème de la même manière, mais lorsqu'elle atteint la dernière syllabe de la dernière ligne, elle s'arrête. Elle ne dit pas le "lut" de "salut" mais seulement "Sa...".

"lut" sera le son du bébé, et il aura le choix de le dire ou de se taire. Elle attend et le regarde avec enthousiasme, comme elle le fait pendant leurs conversations. Depuis qu'il a entendu le poème plusieurs fois, il sait qu'il y a le son "lut" à la fin et qu'il manque. Il veut combler ce manque pour maman. Il se met à bouger les bras, il se tortille. Il gonfle sa poitrine, et au bout d'une trentaine de secondes, il dit "Ah".
Maman est ravie.
Bébé est ravi.
Bébé sait que le son "Ah" signifie "lut" de Salut. (Il ne peut pas encore dire lut ou Salut.)
Maman sait que le son que vient de dire le bébé signifie "Salut".
Mais ce qui est plus important, c'est que le bébé sait que la mère sait que "Ah" signifie "Salut".
Et c'est ainsi qu'ensemble, mère et bébé ont brisé le silence.    
Le bébé sait que la mère sait qu'il essaie de parler, mais que le son ne sort pas toujours de la façon dont il le veut. C'est un moment très, très important pour la mère et le bébé.
Beaucoup de mères disent que ces moments volés - lorsqu'elles quittent le bruit, le chaos et les corvées de la vie quotidienne et s'assoient avec leurs bébés pour réciter leurs poèmes ensemble - sont les moments les plus merveilleux qu'elles partagent avec leurs tout-petits bébés. Ces séances font pour le développement du langage ce que l'allaitement fait pour la nutrition. Quand le bébé peut remplacer le dernier mot du poème avec n'importe quel son, la mère continue de lui donner de plus en plus d'occasions de participer.
Maintenant elle récite le poème mais quand elle arrive au dernier mot de la seconde ligne, elle s'arrête. Maintenant elle attend qu'il fasse un son pour la dernière syllabe de la seconde ligne. Au début, il ne dira peut-être rien, mais lorsqu'elle répète cette occasion, il se rend compte qu'il y a un autre mot pour lui. Une fois de plus, il fait un son, peut-être le même "Ah" ou peut-être quelque chose de complètement différent.
La mère continue de réciter le même poème. Chaque jour, elle remarque que les sons que fait le bébé changent. De temps en temps, elle entend ce qui ressemble à "lut" pour "lut". Maintenant, le bébé commence à faire des sons spécifiques.

Choisissez une comptine qui vous plait, (vous en trouverez plein sur internet), dont les syllabes formant les rimes seront faciles à prononcer ou à chanter par le bébé, par exemple:

Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.

La maman chante souvent ce poème, plusieurs fois par jours. Après quelques jours, elle chante :

Au clair de la lune,
Mon ami Pier ___,

après quelques secondes votre bébé vous dira un son, vous continuez alors la comptine :

Prête-moi ta plu___,

votre bébé dira "me" ou quelque chose d'autre et vous finissez:

Pour écrire un ___.

Et il conclura en disant "mot" ou quelque chose qui ressemble !

Vous pouvez choisir des comptines soit  récitées soit chantées, moi je préfère les chanter. Quand le bébé dit ce poème avec vous, il expérimente la satisfaction d'une participation active, pas seulement une écoute passive. Les sons sont approximatifs mais chacun d'entre eux est un son spécifique destiné à être le mot en question.
Personne ne prétend que ces bébés ont la notion précise de ce que veulent dire ces poèmes, mais vous et moi non plus ne l'avions pas, lorsque nous avons entendu ces poèmes pour la première fois lorsque nous étions enfants. Cela ne nous a pas empêché d'en profiter encore et encore. Chaque fois nous l'avons compris un peu mieux que la fois d'avant. Le bébé éprouve le même plaisir, et ce qui est plus - la satisfaction intense de pouvoir participer à la récitation.
Les mères et les bébés créent ensemble un langage qu'ils utiliseront jusqu'à ce que le bébé puisse produire des sons beaucoup plus spécifiques que nous considérons comme des mots.

Voici le programme simple que vous pouvez suivre:

But :                         Pour que le bébé complète plusieurs mots d'un court poème avec n'importe quel ---------------------------son de façon constante
Fréquence :             5 fois par jour
Intensité :               Voix forte et claire.
Durée :                    1 à 2 minutes
Contenu :               1 récitation d'un très court poème.

Environnement :  Une pièce calme sans distractions. Asseyez-vous avec le bébé sur vos genoux,

---------------------- ---face à vous.


Technique :           Au début, il est préférable de créer un poème simple, juste pour votre bébé. De cette façon, vous pouvez choisir des mots qui sont familiers au bébé, comme les noms des membres de la famille. Vous devriez choisir des mots faciles à une syllabe comme "l'eau" dans "bateau sur l'eau" pour les lignes de fin. Il est également bon pour le petit poème d'avoir quelques  rimes.


Mémorisez le poème et commencez à le réciter à votre bébé. Ne le faites qu'aux meilleurs moments de la journée, lorsque le bébé est bien nourri et reposé et lorsque vous êtes plein d'énergie et d'enthousiasme. Récitez le poème avec beaucoup d'excitation et des modulations dans votre voix. Faites-le cinq fois par jour pendant cinq jours. Le sixième jour, vous êtes prêt à laisser le bébé avoir un rôle dans le poème. Récitez-le de la même manière, mais arrêtez-vous lorsque vous atteignez le dernier mot de la dernière ligne. Ne dites pas la dernière syllabe. Au lieu de cela, regardez attentivement le bébé et attendez.
A partir de cette récitation, cette dernière syllabe du dernier mot de la dernière ligne sera la parole du bébé, qu'il dira ou ne pas dira pas selon son envie.  Ne dites plus jamais cette syllabe dans le poème, car cela romprait le contrat que vous faites avec le bébé. Une fois qu'une syllabe est n'est plus dites, elle appartient au bébé.
Maintenant, il est très important à ce moment pour vous d'attendre parce que cela peut prendre 30 secondes pour que le bébé soit capable de répondre. Vous apprendrez graduellement de combien de temps votre bébé a besoin pour faire un son.
Lorsque le bébé est capable de faire un son, vous êtes naturellement ravi. Embrassez-le pour qu'il sache que vous avez eu le message. Si le bébé ne fait pas de bruit après une minute, dites :

"As-tu aimé ce poème ?" Attendez de voir s'il souhaite répondre à cette question, puis vous avez terminé.
Lorsque le bébé réussi systématiquement à produire un son à la place de la dernière syllabe, alors et alors seulement vous pouvez commencer à ne plus dire la dernière syllabe d'une autre rime. Si le bébé n'a toujours que cinq ou six semaines, ces deux mots suffiront. Vous verrez à quel point il travaille fort pour pomper l'air et augmenter sa respiration dès qu'il saura que vous êtes sur le point de réciter son poème.
Quand vous voyez que le poème devient plus facile pour lui, vous pouvez passer à un nouveau poème. Une fois qu'il commence vraiment à ramper pour se déplacer, sa respiration s'améliorera à pas de géant. Cela lui donnera une bien meilleure capacité à communiquer.
A ce moment là, il va presque commencer à vous interrompre pendant que vous récitez le poème. Il veut plus de mots que vous n'en donnez. À ce stade, suivez la même façon de faire, mais taisez-vous pour trois ou quatre syllabes dans les nouveaux poèmes. Dans l'exemple ci-dessous, les chiffres indiquent l'ordre dans lequel les mots sont abandonnés :

 

Au clair de la lune, (2)

Mon ami Pierrot, (3) 

Prête-moi ta plume (4)

Pour écrire un mot (1)


Quand le bébé peut facilement le faire, continuez à supprimer des syllabes à l'intérieur de la ligne.

 

Au clair de (5)  la lune, (2)

Mon ami (6) Pierrot, (3) 

Prête-moi (7) ta plume (4)

Pour écrire (8) un mot (1)



Lorsque vous arrivez à ce stade, essayez de donner au bébé les mots les plus chargé de sens quand c'est possible, sinon choisissez des syllabes assez simple à prononcer par le bébé. Cela lui permet  d'augmenter sa participation mais sans être arrêté par les longs mots.Tous les bruits que fait le bébé sont bons. N'oubliez pas que vous n'attendez pas de mots ici. Vous donnez au bébé la possibilité d'utiliser des sons, n'importe lesquels, et de les rendre plus spécifiques lorsqu'il est capable de le faire.
De cette façon, vous et votre bébé construisez un répertoire de poèmes. De temps en temps, revenez à un ancien poème et dîtes-le à nouveau avec le bébé. Vous constaterez que le bébé utilise des sons plus spécifiques qu'auparavant.


Important : Il est bon d'enregistrer certaines sessions. Lorsque vous écoutez ces enregistrements, vous pouvez augmenter le volume et entendre le bébé mieux que vous ne l'avez fait à l'origine. Non seulement vous allez entendre des choses que vous n'avez pas entendues la première fois mais vous remarquerez que certains sons sont spécifiques. Les voix des bébés ont tendance à être faibles et difficiles à entendre, ces enregistrements sont donc inestimables. Ils seront aussi un souvenir précieux de la toute petite enfance de votre bébé.
 

 

Partie 4 - Préparation de l'oreille selon Tomatis :

Ma thérapeute Tomatis m'avait conseillée de tenir Marie contre moi, sa tête posée sur ma poitrine, pendant que je lisais à haute voix ou que je chantais, 20 minutes chaque jour, dès sa naissance. Je l'ai fait pendant 18 mois, jusqu'à ce que Marie veuille descendre de mes genoux. Il faut choisir des livres pour adultes mais chargés d'espérance et avec un langage soutenu. Les livres que je vous conseille à la page bibliographie sont tout à fait adaptés, je vous les recommande vivement pour la lecture à voix haute ! Le bébé peut dormir pendant que vous lisez, c'est même recommandé, il est plus calme et conserve son temps d'éveil pour des exercices où il sera actif. Le fait d'être baigné dans un langage soutenu et rythmé nourrit le centre cérébral de la parole et le développe. Imaginez-vous à la place du bébé, il n'a pas forcement l'occasion d'entendre chaque jour des conversations riches sur le plan intellectuel et soutenues au niveau du vocabulaire. En faisant cette lecture le plus souvent possible, vous enrichissez fortement son répertoire de mot, vous imprimez le rythme de la parole dans toutes les résonances de son corps, le rythme de la respiration, la façon de poser la voix... C'est un travail préparatoire à la parole très important pour qu'elle se mette bien en place par la suite, vous développez harmonieusement l'équilibre de l'oreille du bébé entre les graves et les aigus. Vous vous faites aussi du bien, c'est très dynamisant de lire à voix haute. Cela peut paraitre difficile au début mais vous ferez des progrès rapides. Il faut, si possible, lire ou chanter 20 minutes de suite pour que l'oreille change sa façon de fonctionner et l'améliore, elle se modifie vraiment de façon positive si on dépasse les 15 minutes. Les 5 dernières minutes sont donc importantes, ce sont elles qui impriment de nouvelles habitudes pour l'oreille du bébé et la développe. Si vous ne pouvez pas le faire chaque jour, essayez 3 fois par semaine par exemple. Il vaut mieux le faire même une fois de temps en temps que pas du tout, je vous indique toujours ce qui me semble le plus efficace, adaptez le rythme à ce qui est possible pour vous.

J'ai  plus chanté que lu avec Marie sur mes genoux, cela me faisait du bien. Il faut bien-sur choisir des chants qui épanouissent la maman et le bébé ! Il vous faudra absolument des moments pour vous, sans votre bébé, où vous trouverez une activité qui vous nourrisse, vous libère et vous répare. Pour moi le chant fonctionne bien dans ce sens là. N'hésitez pas à mettre cette page de musique dans vos marque-pages et à écouter les morceaux souvent, ça fera remonter ce site en tête de liste et permettre à d'autres de le trouver ! J'y ajoute des chants régulièrement.

Quand l'enfant aura grandit, vous pourrez utiliser le petit casque "Forbrain" qui permet de faire de vrai progrès en langage et en lecture. Je vous conseille aussi de trouver un bon thérapeute Tomatis le plus près possible de chez vous, il y en a en France !

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